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Du rififi en Afrique noire


 

 

Voici une bibliographie organisée par rubriques (africains d’Afrique ; africains vivant en Occident ; Afrique du Sud ; auteurs occidentaux ayant pris l’Afrique pour toile de fond ; grandes séries ; Caraïbe et Iles science-fiction). N’y figurent pas les auteurs d’Afrique du nord, non plus que les auteurs cubains…à retrouver dans une autre sélection.

Les ouvrages apparaissent en fonction de leur contenu mais aussi sur la dominante d’un auteur (le cas le plus frappant est celui de Simenon qui doit à ses Maigret d’être le plus souvent qualifié d’auteur policier, même s’il a écrit bien d’autres romans, y compris sur l’Afrique) ; sur la présence dans une collection (un ouvrage en Série noire ou au Masque est perçu comme policier).

Nous avons recensé – sans nous attarder – les grandes séries. Vous trouverez aussi quelques romans policiers concernant les Antilles et les îles de l’océan Indien. Ils représentent un autre aspect du monde africain. Beaucoup d’ouvrages – à des époques diverses – ont pris pour cadre l’Afrique. Ils sont souvent intéressants pour la peinture d’un milieu aujourd’hui révolu. Les auteurs africains émigrés, principalement à Paris, représentent une littérature - dont le territoire semble être la place d’Aligre et Château rouge -, souvent violente ou excessive. Enfin, nous avons isolé les auteurs d’Afrique du sud car ce sont surtout des blancs dont les œuvres semblent dans le droit fil de la littérature anglo-saxonne, souvent portés par la situation exceptionnelle que créait l’apartheid.

Si la science-fiction est faiblement représentée – elle n’était pas directement notre propos - , nous vous proposons un excellent auteur qu’il nous semble dommage d’enfermer dans un genre qui peut apparaître  restrictif : Resnick.

Nous avons essayé de limiter nos propositions à des ouvrages disponibles en librairie.

 

Quelques repères :

Le roman d’espionnage : l’espion apparaît tardivement dans le roman. En France il naît en réaction à la défaite de 1870, chez Aimard, Souvestre & Allain… Plus tard, Pierre Nord, Jean Bommart (le Poisson chinois)… Chez les anglais le genre fournit quelques œuvres de valeur : M Ashendan agent secret de Somerset Maugham, Les 39 marches de John Buchan (1924). La guerre froide provoque l’essor d’auteurs américains (Cheyney, Ballinger, Block…) pas forcément limités à ce genre (Clavell). Chez les anglais, à côté des spécialistes (Fleming, Le Carré, Deighton…), des auteurs occasionnels mais renommés (Burgess, Amis, Greene, Chesterton). En France, pas de grands noms, mais Arnaud, Bruce, Antoine-L Dominique… Entre 1948 et 1968 il existe en France une centaine de collections, mais leur nombre décroît régulièrement depuis 1970.

 

La Série noire fut créée par Marcel Duhamel, ami des surréalistes (Yves Tanguy en particulier, et Jacques Prévert), à la fin de la dernière guerre. La collection est abritée par Gallimard qui a déjà lancé une collection policière avant la guerre. Le moment était opportun pour proposer au public français le roman noir américain. Duhamel sut mettre en scène sa collection dont les couvertures attiraient l’attention par des titres riches en jeux de mots, jusqu’à la rendre « culte ». Jusqu’en 1952, pas d’auteurs français. Le premier fut Arcouët, un breton plus connu sous son pseudonyme de Serge Lafforest, traduction francisée de son nom breton. Puis John – qui signera Jean plus tard – Amila, Le Breton, Dard, Simonin, Giovanni. 1966  marque la parution du N° 1000 – 1275 âmes. D’assez nombreux titres de la collection ont pour cadre l’Afrique

 

Le Fleuve noir a été créé par Armand de Caro en 1949 avec de très gros tirages. On y faisait appel à de bons auteurs français, dont Jean Bruce, San Antonio, Michel Audiard…. Depuis, le Fleuve noir s’est élargi à d’autres genres : policier, espionnage, érotique, angoisse, et littérature générale.

 

Le Masque a été créé (1927) et dirigé par Albert Pigasse. On doit son logo à Maximilien Vox, le frère de Théodore Monod. Au début, un titre par mois, surtout d’auteurs anglais. En particulier Agatha Christie, mais aussi Patricia Wenworth qui fait aujourd’hui les beaux jours de 10/18. Quelques auteurs de langue française comme Steeman… En 1930 Pigasse crée le Prix du roman d’aventures (Pierre Véry, Pierre Boileau… furent couronnés). La collection s’ouvre à l’espionnage et à l’anticipation avant 1939. Après 1945 on trouve toujours Agatha Christie, mais aussi Cheyney, Narcejac, Exbrayat… La collection s’est largement modifiée depuis les années 1980 en ouvrant de nouvelles séries. Avec plus de 2500 titres, c’est la collection la plus riche qui soit.

 

 

NB : La plupart des informations sur les auteurs sont tirées du magnifique Dictionnaire du roman policier de Claude Mesplède publié par les éditions Joseph K en 2003, et qui sera prochainement réédité.

 

 

 

Romans d’auteurs africains vivant en Afrique

 

            Quelques titres sont remarquables. Ils sont presque tous publiés confidentiellement (tout au moins au début, car il arrive qu’ils soient repérés par une maison d’édition qui leur ouvre un public plus large : Konaté, Ndione…). Ces auteurs décrivent le plus souvent avec passion l’atmosphère de leurs pays respectifs. En ce qui concerne le coup nous avions aussi un faible pour L’Archer Bassari, qui est un excellent ouvrage.

 

Notre coup de cœur : Ndione :

Abasse Ndione est né en 1946 dans un village de pêcheurs, à quelques kilomètres de Dakar. Infirmier de métier, il publie en 1984 et 1988, aux NEA, La Vie en spirale (en deux volumes. Gallimard les reprend en un volume).

 

Ndione, Abasse.- Ramata.- Gallimard, 2000.- La Noire.

L’étonnant destin de Ramata Kaba, femme de ministre à l’apogée de sa vie, mais qui meurt folle et mendiante. Son histoire est complètement imbriquée dans celle du Sénégal d’avant la colonisation, sous Senghor et après. De la mort de Ngor Ndong, portier de l’hôpital de Dakar, due à la morgue et à l’indifférence de Ramata, découleront bien d’autres morts…

« Les gendarmes eux-mêmes avaient surnommé Sangalcam le village sans loi. Ils y intervenaient plus que partout ailleurs dans le secteur. C'est que Sangalcam était peuplé d'habitants venus des horizons les plus divers : un village de « marche-rencontre ». Les immigrés y étaient de loin majoritaires, et les rares autochtones n'y possédaient aucune racine...».

Localisation : Sénégal.

 

Ndione, Abasse.- La Vie en spirale.- Gallimard, réédition 2004.- Série noire 2485.

Dans un contexte de vie villageoise, de respect des anciens par les jeunes, un étonnant roman plein de bons sentiments, avec dénonciation des trafics de drogue et de tous les trafics... Un excellent roman que l’on trouve cité comme référence par quelques bons auteurs français de polars (Lucio Mad, par exemple).

« Le lendemain matin, au cours d'une cérémonie expiatoire, le taureau sera immolé. Les traditions animistes restaient encore solidement ancrées à Sambey Karang, malgré l'islamisation totale. L'arbre à fétiches jouxtait la mosquée du quartier, la première du village, et on espérait faire venir la pluie par des sacrifices païens... La production agricole avait effroyablement baissé, et le spectre de la famine planait malgré les dons en vivres des pays nantis ».

Localisation : Sénégal.

 

Agualusa, José Eduardo – La guerre des anges.- Métailié 2007

Né à Huambo, en Angola en 1960, José Eduardo Agualusa vit entre l’Angola, le Brésil et le Portugal.

Les morros et les favelas de Rio sont en flammes, la police sous couvert de répression du trafic de drogue a mitraillé une procession religieuse, tuant des enfants. Francisco, un ancien colonel de la Sécurité en Angola installé au Brésil prépare ce jour en vendant des armes. Un journaliste angolais plonge dans cet incendie à la recherche de réponses aux questions que peu de gens veulent se poser. Racisme ou mépris social ? Emeute ou révolte d’esclave ?

Une intrigue palpitante,  et un récit limpide qui pose la question de la conditions des noirs à Rio.

« Francisco soupire :

-         Je peux terminer ? Ce que je veux dire, c’est qu’au Brésil l’esclavage a été officiellement aboli et, attention, seulement à la fin du XIXème siècle, mais que dans la pratique, un système ressemblant à l’apartheid prévaut jusqu’à aujourd’hui.

Euclide comprend où il veut en venir :

- Ne gaspille pas ta salive, c’est inutile. Je suis ici en qualité de journaliste. Je veux connaître tes clients, appelons-les comme ça, mais seulement pour mieux comprendre comment fonctionne le trafic d’armes, pas pour participer à ce commerce. Ça ne m’intéresse pas… »

 

 

Beti, Mongo.- Trop de soleil tue l’amour.- Julliard, 1999.- Déjà publié en feuilleton au Cameroun dans la revue Le Messager, sous le titre Mystères en vrac sur la ville.

Zam, journaliste politique au Cameroun, menait une existence tranquille entre quelques articles sans lendemain sur la dictature au pouvoir, le whisky, le jazz, les ruptures et les réconciliations éternelles avec Bébète, sa plantureuse compagne. Et le voilà soupçonné de meurtre, espionné, poursuivi, frappé, trahi…

 « Que le lecteur ne s'étonne point si jamais des épisodes à venir ressemblaient comme deux gouttes d'eau à celui qui vient de lui être conté… Rien n'irrite tant certains lecteurs qu'un destin romanesque apparemment inachevé. Il s'en trouvera pourtant parmi les mêmes, quand tout ce beau monde surgi des limbes d'une imagination se sera marié, aura fait des dizaines d'enfants, sera décédé - car c'est toujours ainsi que ça se passe - pour s'écrier : « Ce n'est pas comme cela que j'imaginais la suite, moi»

 

Localisation : Cameroun.

Mongo Béti est un des plus grands auteurs africains du 20ème siècle. La collection Continents noirs, de Gallimard, a publié en janvier 2007 Le rebelle, volume 1, un recueil d'articles écrits pendant cinquante ans, mêlant thèses politiques et théorie littéraire dans lesquels l'auteur s'en prend aux pouvoirs institués et prône la lutte anticoloniale en vue de l'émancipation du monde noir. L'ouvrage dévoile également ses choix esthétiques, expose sa conception artistique et précise son rôle d'écrivain.

 

Bugul, Ken. – Rue Félix-Faure.- Hoëbeke 2005

Née au Sénégal d'un père marabout âgé de 85 ans et d'une mère qui devra se séparer d'elle alors qu'elle n'a que 5 ans, Mariètou Mbaye Biléoma signe ses ouvrages Ken Bugul (« personne n'en veut » en wolof). Ses prises de position sur la condition des femmes, l'islam, les rapports Nord-Sud, sa liberté de ton, alliant colère et humour, l’imposent comme une des très grandes voix de la littérature africaine.

La rue Félix-Faure, c'est la rue de la vie, des bars clandestins, des tripots où coulent à flots le vin Kiravi Valpierre et la bière Gazelle Coumba. Dans la rue Félix-Faure se côtoient dans des éclats de rire des jeunes femmes aux dos nus, se mêlent dans un énorme tohu-bohu des gens venus de tous les horizons, miséreux à la poursuite de leurs rêves, immigrés cap-verdiens. « La rue Félix-Faure est la rue de Dieu », résume le philosophe de la rue.
Mais un matin quatre femmes recouvertes de voiles s'éloignent du corps d'un lépreux découpé en morceaux, jeté sur le trottoir…Une enquête policière écrite comme un poème, un hymne à la vie, plus forte que les porteurs de mort, et une quête philosophique menée au son du violon, du blues, et des rires des filles au teint couleur caramel.

 

Diallo, Aïda Mady.- Kouty, mémoire de sang.- Gallimard, 2002.- Série noire, 2641.

Premier roman noir écrit par une jeune femme africaine. Notez aussi son petit livre de poche avec photographies d’Antoine d’Agata : Aïda Mady Diallo romancière - Editions de l’Oeil à Montrouge en 2003. Collection : Les carnets de la collection. Mali…

Gao 1984 : la famille de Kouty, une fillette de 10 ans, est massacrée sous ses yeux par des touaregs. Recueillie par deux femmes qui tiennent un restaurant à Bamako, elle grandit et ne pense qu’à venger les siens…

« Depuis le début des émeutes, Kouty assistait à tous les rassemblements, à toutes les manifestations… La conjoncture était idéale pour commettre un crime. Elle apprit un jour l'existence d'une liste noire, créée par on ne sait qui, contenant les noms des « ennemis de la nation » dont il fallait saccager les demeures en signe de représailles ».

Localisation : Mali, 1984

 

Evina Abossolo, Calvin.- Cameroun / Gabon, le DASS monte à l'attaque.- Harmattan, 1985.- Polars noirs, 2.

Le boss du DASS (Département action des services secrets) venait de confier une nouvelle mission à Mahouvé : une simple enquête de routine auprès d'un mystérieux descendant de Hitler...

« L'immeuble de la Délégation générale… était une imposante réalisation architecturale, dressée haut avec ses quatre étages nés du mariage moderne acier-béton… il avait poussé en quelques mois, devançant de loin tous les autres projets de la capitale, lesquels grimpaient ça et là, à l'assaut d'un ciel trop longtemps sali par des vieilles bâtisses mornes et insalubres, pauvre héritage des colons d'antan, que le maire Fouda s'évertuait à effacer au profit d'un Yaoundé moderne ».

Localisation: Cameroun, Gabon

 

Gueye, Asse.- No woman no cry.- L'Harmattan, 1986.- Polars noirs, 3.

Un auteur sénégalais, né en 1949. Le titre évoque un Reggae de Bob Marley. C’est aussi le cri de ralliement des noirs humiliés dans le monde… La superbe afro-américaine Barbara Jackson et le génial physicien négro-africain Bass ont décidé de s'unir à Suzy Massakela, la petite Azanienne exilée, pour faire trembler l'Occident grâce à une découverte terrible, une solution radicale au problème de l’apartheid.

« Bass m'expliqua…, les femmes… ne peuvent envisager aucune modification sensible de leurs conditions sociales ou du rôle qu'elles jouent dans la production sous le régime brutal d'apartheid… En tant que femmes, leur lutte est aussi un combat quotidien pour leur survie physique. Elles luttent pour leur santé, pour soigner leurs enfants, pour participer aux décisions politiques, pour recevoir une éducation et réaliser l'objectif commun de tous les Namibiens qui est la liberté et l'indépendance ».

Localisation : Sénégal, Jamaïque

 

Keita, Modibo Sounkalo.- L’Archer Bassari.- Karthala, 1984. (rééd. 2001)

Originaire du Mali et journaliste, M S Keita a publié plusieurs nouvelles. Il a fondé en 1984, à Dakar, un mensuel sur les questions de santé : Vie meilleure. Il réside aujourd'hui en Côte d'Ivoire. L'archer Bassari a obtenu en 1985 le Grand prix littéraire de l'Afrique noire et le Grand prix du Syndicat des journalistes et écrivains français.

Un mystérieux archer tue les politiciens, hommes d’affaires véreux du pays…

« L’archer vit nettement le petit groupe s’approcher de la voiture sous le lampadaire. Le rire gras et satisfait de Ladji le fit frémir de répulsion.... Il haïssait l’homme qui ricanait de l’autre côté de la rue et qu’il allait bientôt flécher. Il l’imagina en train de grimper frénétiquement sur un monceau de cadavres et d’agonisants vers un coffre-fort d’où débordaient des billets de banque, riant aux éclats de sa victoire sûre, insensible aux râles des mourants…».

Localisation : Kiando, capitale d’un pays imaginaire d’Afrique (Dakar, Sénégal ?)

 

Konaté, Moussa.- L’Assassin du Banconi. Suivi de : L’Honneur des Keita.- Gallimard, 2002.- Série noire, 2650.- Avait paru – en deux volumes - aux éditions du Figuier à Bamako (1998), à compte d’auteur en 1989.

Moussa Konaté, né en 1951, a été enseignant, éditeur. Co-directeur du Festival Etonnants Voyageurs de Bamako.

Flics à la brigade criminelle de Bamako, le commissaire Habib et son adjoint, Sosso, doivent élucider trois meurtres au cyanure commis dans un quartier pauvre… La seconde histoire expédiera les deux limiers dans la brousse éclaircir un nouveau meurtre lié, lui, aux questions de castes… Des tranches intéressantes de la vie malienne…

« Bamako est une ville qui se réveille tard. Tant que le soleil n'inonde pas les rues, celles-ci demeurent presque désertes et les arbres et les habitations paraissent sommeiller encore. Puis brusquement, on ne sait comment, ça bourdonne, ça pétarade, ça klaxonne, comme si tous les habitants quittaient leur domicile au même instant. C'est justement avant le moment de ces embouteillages typiquement bamakois que, sur sa moto, l'inspecteur Sosso fonçait vers le Banconi… Des taxis-brousse, encore peu nombreux mais bondés de marchandes et d'ouvriers un peu plus fortunés, bringuebalaient dans les rues poussiéreuses ».

Localisation : Mali

 

Konaté, Moussa.- L’empreinte du Renard.- Fayard noir, 2006 (parution en points Seuil, mai 2007)

Au nord du Mali, en pays Dogon, le commissaire Habib, dont le flair et la sagesse sont légendaires, doit enquêter sur une série de morts bizarres qui ont eu lieu dans le même village. Des meurtres, de la sorcellerie, des coutumes respectées trop à la lettre ? Il va falloir aussi rencontrer un homme au visage de chat...

 

Ndiaye, Abdourahmane.- Terreur en Casamance. Les convoyeurs d’armes.- Harmattan, 1994.

Un bain de violence et de sang sur fond d’arnaque et de séparatisme en Casamance. Et pourquoi faire simple si on peut faire compliqué !

« Je vais te faire des révélations… Ce que tu ignorais en transportant ces fruits, c’est que c'était moins les fruits que ce que certains d'entre eux contenaient qui avait de l'importance. Tu ne pouvais pas t'en douter, les nombreux contrôles de la route non plus, intrigué que tu étais par le caractère insolite du voyage. Apporter des fruits à Ziguinchor, avoue que cela fait rire. C'était mon idée… ».

Localisation : Sénégal.

 

Nzau jr, Antonio.- Traite au Zaïre.- L'Harmattan, 1984.- Polars noirs

Le titre est suffisamment explicite pour qu’il soit inutile d’en faire une présentation plus longue... Dans un préambule l’auteur dit s’appuyer sur des faits réels qu’il camoufle en fiction

« En tournant la tête, la contradiction des pays du tiers monde lui sauta aux yeux : les bidonvilles aux alentours des villas ultramodernes. Mutoko, dégoûté, se retourna, et son regard croisa un compatriote qui devait peser au moins une tonne, sanglé dans son « abacost » couleur marron... II devait sûrement être un agent du C.N.R.I. qui venait de rater sa mission dans un pays d'Europe... ».

Localisation : Zaïre

 

Titus, Où est passée Fatimata ?- Cotonou : La Nôtre, 1991.

Une enquête de Mamadou Sèssè : policiers contre féticheurs.

« - Voilà, dit l'inspecteur qui s'humecta les lèvres: il paraît que la gosse a été vendue à un féticheur. Ewayion Marc, dans un premier temps, pensa que ses oreilles lui jouaient des tours. Il s'exclama :

- Elle a été vendue ? Comment ça vendue ? Qu'est-ce qu'il faut entendre par vendue ?

L'inspecteur eut brutalement le sentiment d'être devenu une vedette. Pas une vedette minable qu'on reconnaîtrait à peine dans la rue… ».

Localisation : Bénin

 

 

 

Livres d’auteurs africains vivant hors d’Afrique

 

            Fallait-il distinguer ces auteurs de ceux qui sont restés en Afrique…D’autant que pour certains l’immigration est récente.. Presque tous se veulent les hérauts de l’Afrique – dont ils décrivent davantage les tares et problèmes que les qualités – mais aussi les représentants des africains de France. Ils nous plongent alors dans un monde sans beaucoup d’espoir. Curieusement, ils ne traitent pas du tout les mêmes thèmes que leurs compatriotes restés au pays. Notre coup de cœur va à Simon Njami, qui est le premier parmi eux à avoir écrit et dont le livre est une parodie sympathique de Chester Himes.

 

Ananissoh, Théo ; - Un reptile par habitant. – Gallimard Continent noir 2007

Né en 1962, Théo Ananissoh est Togolais. Il vit en Allemagne.

Narcisse, professeur de lycée, se trouve chez sa maîtresse, quand il est appelé par Edith qui lui demande de se rendre chez elle d'urgence. Il y trouve le corps du colonel Katouka et comprend qu’il a partagé sa maîtresse avec un homme qui était comme le vice-président du pays. Il est alors pris dans l'engrenage d'une disparition suspecte. Après un enterrement clandestin, pris dans l’engrenage d’une disparition suspecte, il subit le déchaînement de la presse qui l'accusant d'être parti à l'étranger pour fomenter un coup d'Etat.

«Que faire alors ?

Raisonner dans les termes qu'impose la situation : faire semblant, et l'enterrer.

Pardon ?

Quelqu'un fait semblant de mourir ; vous faites semblant de l'enterrer."

Narcisse tourna la tête vers le corps de Katouka. Le sous-préfet écrasa un sourire.

"Aucune crainte, il est bien mort. Je voulais dire que nous devons jouer le même jeu que son meurtrier : faire disparaître le corps et la voiture avant demain matin."»

 

Bolya, Baenga.- Les Cocus posthumes.- Serpent à plumes, 2001.- Serpent noir.

Au cours de son enquête sur le meurtre des jumelles de la Place d’Aligre, à Paris, l’inspecteur Robert Nègre découvre les agissements macabres d’une secte franco-africaine.

« Dans l’ombre, un serpent déroulait ses anneaux. L'animal mesurait plus de huit mètres de long. Les cavités de ses yeux étaient aussi grandes que celles d'un être humain. Le serpent se dirigea vers le cierge. L'auditoire semblait fasciné par le reptile. Nègre fit appel à ses souvenirs : dans le rituel africain, chaque adepte essayait de retrouver, à travers l'expression des yeux du boa, l'homme qu'il était censé réincarner ».

Localisation : France

 

Bolya, Baenga.- La Polyandre.- Serpent à plumes, 1998.- Serpent noir.

Trois noirs sans papiers retrouvés morts vers la Bastille. Tout converge vers Oulématou, belle héritière d’une princesse africaine polyandre, qui a oublié que la multiplication des maris est interdite en France. L’inspecteur Robert Nègre va le lui rappeler.

« Les appels à témoins n’avaient rien donné. Personne n’avait reconnu les victimes sur les photos diffusées par la police. Dans les foyers africains de la région parisienne, il s'était heurté au mur du silence… Tous les Africains assassinés étaient inconnus des ordinateurs de la police ».

Localisation : France

 

Mabanckou, Alain.- African psycho.- Serpent à plumes, 2003 – Points Seuil 2006

Alain Mabanckou est né en 1966 au Congo Brazzaville. Il enseigne la littérature aux Etats-Unis, à l’Université de Californie – Los Angeles (UCLA). Il a obtenu le prix Renaudot 2006 pour Mémoires de Porc-Epic.

Grégoire Nakobomayo, orphelin, a grandi dans une ville industrielle de l'Afrique post-coloniale. Accueilli quelque temps chez un couple instruit, il reçoit une éducation bourgeoise jusqu'au jour où il plante son crayon dans l’œil du fils unique qui cherche à le violer. Obligé de fuir, il prend pour modèle Angoualima, le célèbre tueur en série qui depuis des années défie le pays.

« J'avais le coutelas, certes, mais l'atelier pour lieu de crime ne me satisfaisait pas. Comment dirais-je à Germaine, de retour de son travail, tard dans la nuit, de me suivre dans ce hangar en tôle envahi d'épaves de voitures, de pneus cramés et de ferraille de tout genre ? Pour lui montrer quoi à l'intérieur et qui justifierait un tel empressement de ma part ? Non, ça ne collait pas».

Localisation : Non précisée. (Une ville post-coloniale d’Afrique…).

 

Nance, John J.- Zone de turbulence.- A. Michel, 2003 – LGF 2005

Après les attentats du 11 septembre 2001, les services de renseignement et de sécurité américains sont sur les nerfs : ils suspectent un avion de ligne, le Meridian Six, de détenir une cargaison mortelle qui pourrait être déversée au dessus d'une ville occidentale.

Localisation : Nigeria pour partie. 2002

 

Ngoye, Achille.- Agence Black Bafoussa.- Gallimard, 1996.- Série noire, 2413

Né en 1944, originaire du Congo-Kinshasa, Ngoye a été journaliste dans la presse catholique au Cameroun. Il est en France depuis 1983. il fut l'un des premiers à parler de musique africaine dans Libération, Actuel, etc, dans les années 80. Il a écrit plusieurs ouvrages, principalement des romans policiers, mais aussi des guides (sur la musique africaine par exemple).

Comment Monsieur Danga faisait-il pour entretenir sa poule et mettre de l'huile de palme dans ses feuilles de manioc ? Et pourquoi s'est-il fait descendre juste au beau milieu de son appartement ? L’inspecteur Mayotte se met au travail…

 « … l'assassinat de Danga, Kalinais fort connu pour ses diatribes envers le régime autocratique de son pays. L'homme était affable, apparemment sans ennemis et vivait depuis peu avec une jeune femme en instance de divorce. C'est dire que l'acharnement du tueur à ne lui laisser aucune chance préjugeait de l'existence d'un conflit majeur ».

Localisation : France

 

Ngoye, Achille.- Ballet noir à Château Rouge.- Gallimard, 2001.- Série noire, 2619.

Le détective africain Kalogun est chargé de retrouver la trace de Djeli Diawara et les ripoux de la préfecture qui sont au cœur du trafic de faux papiers. Cette mission va se dérouler dans le 18e arrondissement, le quartier black de la capitale où Djeli a été vu pour la dernière fois.

« Kalogun baissa le front dans un mouvement pudique, l'esprit à la frousse de la petite boulotte lors de sa rencontre avec Samba : la fillasse, persuadée de remporter le grand chelem par un carambolage avec un motard de Yamaha, bouclant sa série de passes journalière par une satisfaction personnelle, s'était butée contre une trombine aux yeux terriblement rétrécis, et ce, à l'heure où l'espace appartient aux esprits errants, au point de déformer l'image reçue».

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