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Saint-Pétersbourg


Un peu d’histoire…

C’est entre le 13 et le 27 mai 1703 (cette dernière date étant retenue comme officielle) que la citadelle de Saint-Pétersbourg aurait été fondée par Pierre 1er le Grand. Il semble que se soit « non seulement en prenant conscience du retard technique qui affectait la Russie mais également de l’inadéquation de son organisation politique et religieuses aux réformes nécessaires pour intégrer l’Europe moderne », qui ait poussé Pierre 1er dans la construction « de la forteresse, du port, de la ville et enfin de la capitale Pétersbourg (…) Pierre voulait introduire en Russie le mode de vie occidental et s’éloigner du modèle byzantin qui imprégnait Moscou». D’où le choix de construire sa ville près de la mer en territoire pour le moins inhospitalier. Les constructions commencent donc difficilement, sur des terrains marécageux. En mars 1704, un édit ordonne la venue de 40 000 habitants des provinces dans la nouvelle ville. Dans le même temps, c’est le début de la construction de l’Amirauté. Il faut attendre 1710 pour que voit le jour la municipalité de la ville. Deux ans plus tard, Saint-Pétersbourg devient la capitale russe, dans laquelle l’ensemble de la cour est transférée depuis Moscou. Un oukaze ordonne la venue de 1000 familles de nobles, 1000 familles de marchands et 1000 familles d’artisans. Lorsqu’en 1721, Pierre 1er est proclamé empereur, Saint-Pétersbourg a pris corps. Les constructions sont allées bon train, c’est aussi la première ville russe à être équipée en éclairage public. Pour autant, en 1725, à la mort de l’empereur, sa ville ne correspond pas tout à fait à son rêve initial.

Jusqu’au dernier tsar…

Le trône revient alors à Catherine 1er, seconde femme de Pierre le Grand. Elle n’y reste que jusqu’en 1727, Pierre II, petit-fils de Pierre le Grand, lui succède peu de temps. Entre temps, le 9 janvier 1728, la cour est repartie s’installer à Moscou. En 1730, Anne occupe le trône pour dix ans et poursuit l’œuvre lancée par son oncle. La cour ne s’y trompe pas : en 1732 elle revient à Saint-Pétersbourg. En 1740, Ivan VI règne un an, puis c’est le règne important d’Elisabeth pendant vingt ans. Pierre III prendra sa suite quelques mois, de janvier à juin 1762, puis lui succède sa propre femme qui jouera un rôle primordial dans l’histoire de Saint-Pétersbourg et de la Russie, Catherine, dite la Grande Catherine. Elle règne du 28 juin 1762 à sa mort, en 1796. Paul 1er (1796 / assassiné en 1801), Alexandre 1er (1801 / 1825), Nicolas 1er (1825 / 1855), Alexandre II (1855 / assassiné le 1er mars 1881), Alexandre III (1881 / 1894), lui succèderont avant le règne du dernier tsar Nicolas II (1894 / abdication le 3 mars 1917). La famille impériale est assassinée le 16 juillet 1918. 

Saint-Pétersbourg fut touchée par de grandes catastrophes : les inondations de 1721, 1777 et 1824. Et deux incendies, en 1736 et 1737. La ville connaît aussi des épidémies de choléra en 1830 / 1831 et en 1848.

Saint-Pétersbourg s’est appelée Petrograd en 1914, puis Leningrad le 26 janvier 1924. C’est en 1991, un an après la perestroïka, que les habitants de Leningrad décident de redonner à la ville le nom de Saint-Pétersbourg. Le 12 mars 1918, elle perd son statut de capitale, de nouveau au profit de Moscou.

Evolution de la population 

En 1801, Saint-Pétersbourg compte 260 000 habitants. En 1850, la population s’élève à 487 000 âmes pour atteindre un peu plus d’un million en 1890. La barre des deux millions sera franchie en 1913. En 1939, 3 385 000 habitants sont dénombrés. Le chiffre tombe à 1 300 000 au sortir de la guerre pour monter à près de 4 millions en 1970. La population continue d’augmenter et flirte avec les 5 millions de personnes en 2000.

En août 1897, le Havrais Félix Faure, alors président de la République, se rend en visite à Saint-Pétersbourg. C’est le 28 septembre 1966 que le protocole d’amitié a été signé entre les deux villes jumelées du Havre et de Saint-Pétersbourg.

Prologue de « Le cavalier d’airain » (Alexandre Pouchkine, 1833)

"Debout sur la grève déserte

Il méditait ses hauts projets ;

Un seul canot comme un jouet

Flottait parmi les vagues vertes.

Là, sur les bords marécageux,

Sous un ciel sombre et nuageux

Se voyaient de noires chaumières,

Abri d’un peuple miséreux.

Les bois profonds et ténébreux,

Impénétrables aux lumières,

Bruissaient dans la brume alentour,

La nuit s’étant fondue au jour.

Il se disait : à cette place

Une ville va se dresser

Comme une vivante menace

A qui voudrait nous abaisser.

La nature doit nous permettre

D’ici percer une fenêtre

Sur l’Europe. Nos visiteurs

Viendront avec leurs caravelles,

Sur les ondes pour eux nouvelles ;

Au large nos navigateurs

Pourront déployer nos couleurs.

Après cent ans, la ville étrange,

Joyau des climats de minuit,

Emerge, altière, de la nuit,

Des forêts sombres et des fanges.

Quelque pauvre pêcheur finnois,

Le triste paria des plaines,

Jetait dans les eaux incertaines,

Ici, ses filets autrefois.

A présent, au rivage austère

Se dressent des palais, des tours ;

De tous les pays de la terre

Les vaisseaux viennent tous les jours.

Des ponts ont enjambé les ondes

Coulant dans les quais de granit ;

De riants jardins ont garni

Les îles – verdures profondes –

Et Moscou perd de son éclat,

Veuve royale, elle s’incline

Devant la nouvelle tzarine,

La capitale que voilà…

O Pierre, j’aime ton ouvrage,

J’aime le cours majestueux

De la Néva dans ses rivages,

Son air sévère, harmonieux,

J’aime le dessin de ses grilles,

Ces rêves, ces nuits qui scintillent, quand, dans une étrange clarté,

En son éclat nocturne brille

La flèche de l’Amirauté (...)"

Des livres pour découvrir la ville

« Le roman de Saint-Pétersbourg », de Vladimir Fédorovski – Editions du Rocher 2003 – 19.50€

« Saint-Pétersbourg, trois siècles de culture », de Solomon Volkov – Anatolia / Editions du Rocher 2003 – 23€

« Le mythe de Saint-Pétersbourg », de Ettore lo Gatto – Editions de l’Aube 1995 – 24.24€

« Saint-Pétersbourg : histoire, promenades, anthologie et dictionnaire », sous la direction de Lorraine de Meaux – Robert Laffont 2003 – 29.95€

« Saint-Pétersbourg au-delà des façades », de Alexandra Kaourova, Eugène & Alexandre Lyashko – Editions Autrement 2003 – 19€

« Saint-Pétersbourg », de Dominique Fernandez & Ferrante Ferranti – Stock 1998 – 44.15€

« Civilisation de Saint-Pétersbourg », de Brigitte de Montclos & Winnie Denker – Mengès 2001 – 44.95 €

« Saint-Pétersbourg, le rêve de Pierre » - Omnibus 2003 – 23.60 €

Des auteurs se transforment ici en guides de luxe pour qui veut découvrir la ville au long de ses 300 ans. Réunis en 1 200 pages les récits de Pouchkine (« Le Cavalier de bronze » et «  La Dame de Pique »), Merejkovski (« Pierre et Alexis »), Dumas (« Le maître d’armes), Gogol (« La perspective Nevski », « Le manteau », « Notes sur Pétersbourg »), Dostoïevski (« Les nuits blanches »), Kessel (« Les rois aveugles »), Aldanov (« La clef »).


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