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Georges Simenon


La naissance de Georges Simenon est déjà un mystère : on ne sait pas exactement s’il est né le 12 ou le 13 février 1903, rue Léopold à Liège. La famille déménage plusieurs fois avant de s’installer rue Pasteur (aujourd’hui rue Georges Simenon). Le jeune Simenon n’a pas un goût prononcé pour les études (si l’on excepte les premières années d’école). Et puis la guerre éclate bientôt. C’est au sortir de celle-ci que le futur écrivain abandonne totalement les cours. En janvier 1919, alors qu’il n’a pas 16 ans, il est engagé comme journaliste à la Gazette de Liège. Il se voit vite confier un billet quotidien, qui va déboucher sur des contes. En 1921, Simenon fréquente un groupe d’artistes baptisé la Caque. Il y rencontre sa future femme, Régine Renchon. C’est à cette période qu’il écrit son premier roman, « Au pont des Arches ». Des articles sur la police scientifique préfigurent les romans policiers et le personnage de Maigret. Des articles intitulés « Le péril juif ! » paraissent également sous la plume du journaliste, que Simenon qualifiera plus tard d’ « articles de commande ».

A la fin de cette année 1921, après la mort de son père, Georges Simenon part sous les drapeaux. Il poursuit pour autant sa collaboration au journal. Un an plus tard, il arrive à Paris où l’accueille un autre écrivain liégeois, Georges Ista. Il devient un écrivain très prolifique, fait paraître des contes dans les journaux, des portraits d’auteurs d’après interviews. Jusqu’au début des années 30, Simenon écrira près de 200 fictions qui relèvent de trois registres : le roman léger humoristique, le roman sentimental, le roman d’aventures aux intrigues parfois policières. Il livrera plus de 1 100 contes jusqu’en 1932. L’auteur et sa femme mènent aussi grand train et s’est à Porquerolles qu’ils viennent se ressourcer.

En 1926 paraît le premier roman policier de Simenon, « Nox l’insaisissable ».

En 1928, il parcourt la France par voies navigables, à bord d’un canot à moteur puis d’un cotre qu’il fait construire à Fécamp. C’est l’année où il écrit 53 romans ! L’année 1929 sera presque aussi prolifique, et voit dans « Train de nuit » apparaître un certain commissaire Maigret. Ce dernier appartient à la police de Marseille mais va très vite s’installer à Paris dans « La figurante «  et « La femme rousse ». Entre temps, il collabore à Détective pour lequel il écrit des nouvelles policières. Mais le véritable Simenon prend vraiment son essor en 1931. avec le lancement des deux premiers Maigret publiés par Fayard. Dans la foulée, Jean Renoir s’intéresse à l’œuvre de Simenon pour l’adapter au cinéma. Ce sera le premier d’une longue série.

Dans les années 30, Simenon parcourt le monde pour des reportages photos. Il se servira de décors pittoresques dans ces livres.

Avant la guerre, il écrit un Maigret « La maison du juge », et « La veuve Couderc ». Plus que jamais, il porte un intérêt profond aux conditions des « petites gens ». Au sortir de la guerre, il lui est reproché d’avoir trop bien vécu sous l’Occupation, on le soupçonne de collaboration et peu s’en faut qu’il ne soit arrêté. Rien n’est retenu contre lui, mais se climat de tension le mine et il décide de s’installer en Amérique. Dans la foulée, il change d’éditeur. Plus que jamais, les parutions de Maigret seront régulières. Changement de vie radical pour Simenon, qui tombe amoureux de Denyse Ouimet, sa nouvelle secrétaire. Dans les années 50, l’auteur vend trois millions d’ouvrages dans le monde. Il est l’écrivain de langue française le plus traduit (31 traductions). Thomas Narcejac fait même paraître une étude, « Le cas Simenon ». En 1952, il est reçu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. C’est en 1955 qu’il revient vivre en France, alors que les romans qu’il continue de faire paraître sont vendus dans le monde entier.

Dans les années 60, alors que son couple se brise, Simenon part vivre près de Lausanne. Il rencontre celle qui deviendra sa dernière compagne, Teresa Sburelin. De nombreux livres paraissent encore, jusqu’au dernier Maigret parut en 1972, « Maigret et Monsieur Charles ». Il décide alors de ne plus écrire et fait même supprimer sur ses papiers d’identité la profession de romancier. Georges Simenon a signé 192 romans, et 155 nouvelles. En 1973 il se sert d’un magnétophone pour enregistrer ses réflexions et ses souvenirs, publiés en 21 volumes sous le titre « Mes dictées ». Il vit désormais à Lausanne.

En 1980 il rédige ses « Mémoires intimes » qui paraîtront un an plus tard.

La santé de l’auteur se détériore à partir de 1984, année pendant laquelle il est opéré d’une tumeur au cerveau. « Enfin, je vais dormir », dit-il à sa compagne le 4 septembre 1989.

  « La première enquête de Maigret » se déroule en 1913, alors que Maigret n’est pas encore commissaire. Si Georges Simenon vit à New York au moment où il écrit ce livre, l’action de ce « premier Maigret » se situe tout de même à Paris.

Simenon en Normandie

Le Havre : « Le bilan Malétras ».

Jules Malétras a ses habitudes au Havre. Il fréquente le Cintra, boit avec les copains, puis retrouve Lulu avant de rentrer chez lui auprès de sa femme. Jusqu’à ce soir où la jalousie prend le dessus… Un roman dans lequel le lecteur havrais retrouvera des lieux et des noms qui lui parleront : « Il pénétra dans la cohue de la rue de Paris (…) On aurait pu se croire en plein été. Les femmes portaient des robes et des chapeaux clairs. Les terrasses regorgeaient de consommateurs et l’on respirait en passant des bouffées d’apéritifs ». Puis plus loin, « un petit bar près du quai Frissard, près des magasins de charbon »…

Fécamp : « Les rescapés du Télémaque ».

Fécamp : « Au rendez-vous des Terre-Neuvas ».

Fécamp : « Pietr le Letton ».

Etretat : « Maigret et la vieille dame »

Rouen : « Oncle Charles s’est enfermé ».

Dieppe : « L’homme de Londres »

Deauville : « La fleuriste de Deauville »

Caen : « L’aîné des Ferchaux ».

Caen : « La maison de sept jeunes filles ».

Bayeux : « Les sœurs Lacroix ».

Ouistreham : « Le port des brumes ».

Cherbourg : « La Marie du port »

Cherbourg : « La passage de la ligne ».

Parmi les pseudonymes de Georges Simenon, il y a : Georges Sim, Christian Brulls, Jean du Perry, Georges-Martin-Georges, Gom Gut, Luc Dorsan…

Les acteurs qui ont joué Maigret et Simenon.

Il est difficile de dresser une liste complète tant l’œuvre de Simenon a été rendue au cinéma. 33 adaptations sont faites seulement entre 1945 et 1972.

Il y a d’abord Pierre Renoir, le frère de Jean pour « La nuit du carrefour ». Puis Harry Baur, Abel Tarride (père du réalisateur Jean Tarride, « Le chien jaune »). Jean Tissier dans « La maison des sept jeunes filles ». Raimu dans « Les inconnus dans la maison » (1942). Fernandel dans « Fruit défendu », de Henri Verneuil d’après « Lettre à mon juge ». Jean Gabin joue « La vérité sur bébé Donge » avant « Maigret tend un piège » en 1957 sous la direction de Jean Delannoy puis « Maigret et l’affaire Saint Fiacre » en 1959, enfin « Maigret voit rouge » de Gilles Grangier (1963). Jean Gabin sera aux côtés de Simone Signoret dans « Le chat » en 1971. Michel Simon, Albert Préjean interprètent aussi le commissaire. Tout comme à l’étranger, l’Anglais Rupert Davies, l’Allemand Heinz Rühmann, l’Italien Gino Cervi, le Hollandais Jan Teulings, le Japonais Kinya Aikana. Jean-Paul Belmondo et Charles Vanel sont réunis dans  « L’aîné des Ferchaux » en 1963, Philippe Noiret et Jean Rochefort dans « L’horloger de Saint Paul » (1974), Michel Serrault et Charles Aznavour dans « Les fantômes du chapelier » (1982). Serge Gainsbourg réalise « Equateur » d’après « Le coup de lune » en 1983. michel Blanc joue « Monsieur Hire » d’après « Les fiançailles de Monsieur Hire ». A la télévision, Jean Richard, Bruno Crémer immortalisent le rôle de Maigret.    

Dossier réalisé à partir du très complet  « Simenon, biographie » de Pierre Assouline (Julliard 1992 et Folio Gallimard 1996) et de « Simenon, écrire l’homme », de Michel Lemoine (Découvertes Gallimard 2003).

Toute l’œuvre de Simenon est réunie dans « Tout Simenon » chez Omnibus, en 25 volumes. Les 15 premiers concernent la période 1945 / 1972 soit la majeure partie de l’œuvre romanesque, les 10 autres retracent romans et nouvelles écrits depuis 1931 et publiés à la Librairie Arthème Fayard puis aux éditions Gallimard.

"Simenon, une légende du XXème siècle", Danielle Bajomée (La Renaissance du Livre 2003) - catalogue officiel de l'exposition 2003.

"Simenon et la vraie naissance de Maigret", Francis Lacassin (Dragoon 2003). "Maigret ne me ressemble pas. C'est moi qui me suis mis à lui ressembler en vieillissant" (Georges Simenon)

« Conversations avec Simenon », de Francis Lacassin (Editions du Rocher 2002).

« Le roman de Simenon », travaux du Centre d’études Georges Simenon de l’université de Liège, sous la direction de Jean-Louis Dumortier (La Renaissance du Livre 2003).

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