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Le mythe Marylin, 40 ans après...


Quarante ans après sa mort, l’histoire de Marylin et l’extraordinaire rayonnement de l’artiste est plus captivant, plus époustouflant que jamais.

« Au cours de l’été 1945, Norma Jean Baker, celle qui devint plus tard Marylin Monroe, commençait comme modèle, à première vue de façon plutôt modeste. C’était le début d’une histoire passionnelle : Marylin face à l’objectif, Marylin et les caméras – dix-sept années grisantes au fil desquelles s’effectuera son ascension vertigineuse, de la pin-up à la starlette, de la starlette à la superstar. Une mort tragique et prématurée l’élèvera finalement au rang de mythe. » (« Marylin Monroe face à l’objectif », éd. du Collectionneur). 

C’est le 1er juin 1926 que naît Norma Jeane, 3ème enfant de Gladys Pearl Baker et de père inconnu. Sa mère sera internée pour schizophrénie paranoïde en janvier 1935, et la future Marylin est alors prise en charge par la meilleure amie de sa mère, Grace McKee. Ensuite, elle ira d’adoption en adoption, jusqu’à ce qu’elle vive seule pendant quatre ans, sous la tutelle de l’état. Le 19 juin 1942, Norma Jeane épouse Jim Dougherty, le fils du voisin, un mariage arrangé par les parents adoptifs du moment. En juin 45, le photographe David Conover prend Norma Jeane en photo pour une revue militaire. Son supérieur, qui n’est autre que le futur président américain Ronald Reagan, lui avait confié une tâche consistant à faire en des endroits stratégiques, « des instantanés de jolies jeunes filles, susceptibles de rehausser le moral au travail ». En août, c’est déjà le début de la carrière de cover-girl de Norma Jeane Dougherty, alors que son mari, membre de la marine militaire, rentre seulement quelques jours après de longs mois en mer. Norma Jeane travaille avec les plus grands photographes, puis en juillet 46, donne sa première audience avec Ben Lyon de la 20th Century Fox. Deux jours plus tard, premières prises de vues à l’essai, tant Ben Lyon avait été convaincu du talent et du rayonnement de la future Marylin. Son premier contrat est signé le 24 août 1946, Norma Jeane est d’abord baptisée Carole Lind, puis Marilyn Miller, enfin Marylin Monroe. En septembre, elle divorce de Dougherty. Elle joue dans ses deux premiers films de petits rôles, « Scudda hoo ! scudda hey ! » et « Dangerous years ». Comme son contrat n’est pas renouvelé à la Fox, c’est chez Columbia qu’on la retrouve en 1948, à 125 dollars par semaine. Elle débute une histoire d’amour avec le professeur de chant des studios, Fred Karger. En septembre 48, son contrat ne sera pas non plus prolongé. Elle joue alors un petit rôle auprès de Groucho Marx, pose nue pour des photos qui feront scandale trois ans plus tard, joue une danseuse dans un western banal, « A ticket to Tomahawk », et enfin rencontre Johnny Hyde, le représentant de la toute puissante agence de recrutement d’acteurs William Morris. Il jure d’en faire une star, elle refuse sa demande en mariage. C’est en 1950 qu’elle est remarquée et reconnue, grâce à « The asphalt jungle », alors que Johnny Hyde lui décroche un contrat de sept ans avec la 20th Century Fox, huit jours avant sa mort ! Marylin fait connaissance avec deux hommes importants, Elia Kazan, et Arthur Miller, qu’elle épousera plus tard. Parmi les scandales qui éclaboussent déjà sa carrière, Marylin tourne en 1952 « Niagara » et « Gentlemen prefer Blondes ». En 53, elle signe un contrat avec la maison de disques RCA, tourne « How to marry a millionaire ». Elle se fait renvoyer de la Fox en 54, épouse le champion de base-ball Joseph Paul DiMaggio, débute le tournage de « Sept ans de réflexion » en août, dans lequel figure la célèbre scène de la robe soulevée par la bouche d’aération du métro. Elle se sépare de son champion sportif en octobre, puis part en exil volontaire pendant un an chez le photographe Milton H. Greene, avec lequel elle fonde la Marylin Monroe Productions, Inc. Elle commence à suivre un traitement psychiatrique, qu’elle intensifiera bientôt, en allant jusqu’à cinq fois par semaine chez une spécialiste. Le 31 décembre 1955, elle signe un nouveau contrat avec Darryl Zanuck, dans lequel une clause stipule qu’elle peut refuser tout film qui selon elle ne serait pas de première qualité, et choisir les réalisateurs et caméramen. Le retour à Hollywood permet le tournage de « Bus stop ». En juin 56, cérémonie civile de mariage avec Arthur Miller, qui dira à son propos : « Le soleil paraît terne à côté de Marylin ». Le 1er juillet, le mariage est célébré selon les rites juifs, Marylin s’étant convertie au judaïsme. C’est ensuite le départ pour l’Angleterre, où Sir Laurence Olivier annonce le projet de « The Prince and the show girl ». La tension pendant le tournage sera tel que Marylin aura de plus en plus recours aux médicaments, et que sa psychiatre devra faire le voyage en Europe. Au printemps 57, échec de la relation professionnelle et amicale avec H. Greene. Le 1er août de cette même année, la star fait une fausse couche après deux mois de grossesse. Nouvelle rechute psychologique et première tentative de suicide. Un an plus tard débute le tournage de « Certains l’aiment chaud ». L’attitude peu coopérative de Marylin, son incohérence et son exaltation dépassent tous ses écarts précédents. Elle arrive très en retard sur les lieux de tournage, voire pas du tout, et ne trouve rien à son goût. En décembre 58, deuxième fausse couche. En début 60, commence le tournage de « Le milliardaire » avec Yves Montand, choisi après les désistements successifs de Gregory Peck, Cary Grant, Charlton Heston et Rock Hudson. La collaboration se transforme en histoire d’amour jusqu’en novembre. Le 8 mars 1960, Marylin Monroe reçoit le Golden Globe Award de la meilleure comédienne pour son interprétation dans « Some like it hot ». En juillet débute le tournage de « The misfits ». C’est à cette période qu’elle conclut un pacte avec son ami Rupert Allan : si l’un des deux pense à se suicider ou est au bord de le faire, il doit téléphoner à l’autre pour que celui-ci puisse l’en empêcher. Ils décident même d’un mot de passe, « truckee river ». Plus tard, Marylin utilisera le même accord avec son professeur de dramaturgie, Lee Strasberg. En août, Marylin fait une dépression nerveuse et doit rejoindre l’hôpital. Le 11 novembre 1960, un communiqué de presse annonce la séparation avec Arthur Miller. Pendant le premier trimestre 1961, Marylin ne fréquente quasiment que les unités psychiatriques, qu’elle quittera en mars, devant des hordes de journalistes et d’équipes télé assoiffés ! Elle part retrouver Joe DiMaggio, son meilleur soutien du moment, ne travaille pas de toute l’année et retournera deux fois à l’hôpital. En novembre, elle rencontre le président Kennedy. Selon certains bruits, elle entretiendrait des rapports sexuels avec son frère Robert et lui. En mars 1962, elle reçoit le prix de la World’s Film Favorite, commence ensuite le tournage de « Something’s got to give ». Le 19 mai 1962, lors de l’anniversaire de John F. Kennedy, pendant lequel Ella Fitsgerald ou Maria Callas doivent se produire, Marylin chante le fameux « Happy Birthday, Mr. President ». Le 1er juin 1962, jour de son anniversaire, c’est également la dernière fois qu’on la voit en public. La production de son dernier film est interrompue, car elle ne se présente sur les plateaux que très en retard ou pas du tout. Les studios la mettent à la porte et lui demandent un demi million de dollars de dédommagement. Marylin fait une séance photos de trois jours fin juin, reprend contact avec la 20th Century Fox pour éventuellement reprendre le tournage du film.

Le 4 août 1962, l’ancien ministre de la justice Robert Kennedy lui rend visite l’après-midi, accompagné d’un médecin qui lui fera une piqûre de tranquillisant. La liste des appels téléphoniques de ce jour disparaît. Peter Lawford déclare qu’il a eu un entretien téléphonique avec Marylin quelques heures avant sa mort.

Au matin du 5 août, Marylin Monroe est retrouvée morte chez elle. The Associated Press annonce : « La superbe blonde Marylin Monroe, séduisant symbole de cette vie hollywoodienne pleine de gaieté et d’ivresse, est morte tragiquement dimanche. Son corps a été retrouvé nu dans le lit. Il s’agit sans doute d’un suicide… La star, déséquilibrée depuis longtemps, tenait le téléphone dans une main. Il y avait juste à côté d’elle un flacon de somnifère vide. »

Marylin Monroe est enterrée le 8 août 1962 dans une chapelle du Westwood Memorial Park. Le 18, un communiqué de presse de l’ « équipe d’enquête sur le suicide » confirme que Marylin a succombé à un excès de barbituriques. Les recherches sur les causes de sa mort sont interrompues. La presse parlera même d’un mystérieux chantage fait auprès de la commission d’enquête pour que celle-ci stoppe ses investigations. L’acte de décès est délivré le 28 août. 

« How do I love thee ? Let me count the ways.

… I love thee with the breath,

Smiles, tears, of all my life! – and, if God choose,

I shall but love thee better after death.”

(sonnet d’Elisabeth Barrett, épitaphe sur une couronne).

Des livres sur Marylin

"Marylin Monroe face à l’objectif" – éd. Du Collectionneur 2001 – 30 euros.

248 pages, 152 photographies dont 48 en couleurs. Un livre-album superbe, préfacé par Jane Russell, avec l’interview de Marylin par Georges Belmont et une biographie qui a servi à ce dossier.

"Marylin Monroe, the complete last sitting" – Bert Stern – Schirmer Art Books 1992 –

Les 2 571 photos prises en trois jours, peu avant la mort de la star. Un document rare.  Incontournable pour les fans !      

"Marylin" – Ed Feingersh / Bob Labrasca – Ed. La Martinière 1996 – 18.14 euros

En 1987, un archiviste américain trouve, échoué dans un entrepôt de New York, tout un lot de négatifs sur Marylin, pour la plupart inédits. Parcours invraisemblable pour ces photographies exceptionnelles, réalisées par Ed Feingersh en 1954.

"Marylin, une femme" – Barbara Leaming – Albin Michel 2000 – 21.30 euros

Une biographie qui explore le parcours d’une personnalité unique et aborde des pans jusqu’alors occultés de sa vie. 

"Marylin Monroe, enquête sur un assassinat" – Don Wolfe – J’ai lu 1999 – 8.50 euros

Don Wolfe est homme de cinéma. Il a collaboré avec Steven Spielberg et travaillé sur de nombreux films, dont « Certains l’aiment chaud ». Don Wolfe recueille et analyse ici les principaux témoignages. Une enquête explosive, un document qui se lit comme un roman.

"Blonde" – Joyce Carol Oates – Le Livre de Poche 2002 – 8 euros.

Autobiographie fictive de Marylin Monroe. Romancier, l’auteur a voulu recréer la vie intérieure de l’enfant puis de la femme qu’elle fut.un portrait qui révèle une jeune femme fragile singulièrement douée, recomposant sans cesse son identité, faisant face à la malchance, mais aussi hypnotisée par ses propres mythes.     

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